Eric Sieberath
Maîtrise de Philosophie - Mémoire de philosophie
PARIS I PANTHEON-SORBONNE
1996-1997

Directeur : M. Yves Michaud


LES PRESUPPOSES PHILOSOPHIQUES DANS LES POLITIQUES ECOLOGISTES
FRANCE - ALLEMAGNE



Plan

Introduction

I. Le rapport à la nature

I.1. La conception holiste du monde
I.2. La nature comme paradigme
I.3. Un rapport scientifique et spirituel

II. Les choix politiques

II.1. De la nature au politique
II.2. Les présupposés aux théories politiques
II.3. Le politique et l'économique

III. Les choix moraux

III.1. Une nouvelle anthropologie
III.2. La solution « responsable ». Hans Jonas
III.3. Perspectives éthiques

Conclusion

Annexes
Bibliographie

Introduction*

    L'arrivée de programmes écologistes sur la scène politique européenne par l'entrée de quelques députés verts allemands (Die Grünen) au Bundestag dans les années 1970 ne constitue pas le début de l'écologie politique. Elle est déjà présente de manière effective au travers des mesures de protection des animaux et de la nature prononcées par le régime nazi en 1939 , et bien qu'elles s'inscrivent dans un cadre idéologique déterminé elles n'en constituent pas moins en elles-mêmes les premières décisions politiques autoritaires ayant pour objet l'environnement naturel et animal. Des décisions politiques relatives à la protection de l'en-vironnement peuvent tout de même être relevées dans les annales politiques de l'Europe occi-dentale dès le XVIème siècle , mais les lois nazies sont plus profondément écologistes en ce qu'elles instituent une nouvelle conception de la nature et de l'homme dans leur rapport. L'émergence de grands textes de fondation écologiques dans les années 1980 marque cepen-dant la nouveauté des mouvements écologiques dans la constitution de programmes politiques globaux allant au delà des simples revendications de protection de la nature tout en les gardant comme idéologie forte ainsi que comme thématique de mobilisation de l'opinion. Les politi-ques écologistes proposées par les différents partis verts européens ont développé de vérita-bles modèles de société reposant sur des constats empiriques qui mettent en évidence la non durabilité du développement des sociétés industrielles et postindustrielles. La question cru-ciale, et novatrice, posée par les écologistes est celle de notre devenir, question qui sous-entend notre capacité à gérer notre développement industriel et scientifique; la notion de dé-veloppement durable  est à ce sujet d'une grande importance théorique. Ainsi, en réaction à un type de société et de développement les politiques écologistes s'efforcent de mettre en oeuvre des systèmes alternatifs. C'est par ce biais qu'il nous faut distinguer « politiques écologistes » et « politiques écologiques » ; ces dernières, en s'inscrivant dans des modèles politiques et économiques déjà établis ne font donc que proposer des mesures ad hoc pour tenter de palier aux problèmes que génèrent ces modèles ou qu'ont généré d'autres modèles.
 Pour autant, il ne faut pas réduire les politiques écologistes à de simples réactions né-gatives aux modèles en vigueur. Elles ont une autonomie idéologique qui repose sur bien des valeurs et sur bien des penseurs qui ensemble produisent des systèmes politiques cohérents, ambitieux et révolutionnaires par bien des angles d'approche, mais surtout très pertinents. Aussi, les politiques écologistes telles qu'elles se présentent ne sont pour la plupart pas à ran-ger sous le genre réactionnaire mais - et comme souvent leur nom l'indique - bien plutôt comme des types alternatifs, notre étude devra à ce titre également s'interroger sur la notion de « politique alternative ». Cela doit d'autant plus nous faire prendre en compte les fonda-tions théoriques sur lesquelles elles se bâtissent autant que leurs origines, qu'elles les revendi-quent ou non.
 Les politiques écologistes proposées en Europe et aux Etats-Unis – bien que l'on puisse aujourd'hui recenser sur les autres continents des mouvements de défense de l'environnement de plus en plus actifs, qui en appellent à nombre de penseurs (économistes, politiques et scientifiques), qui tentent de mettre en place des solutions alternatives aux dé-sastres écologiques que connaissent un grand nombre de pays – étonnent parfois par le radica-lisme de leur critique du monde industriel de la fin du XXème siècle, mais également par la remise en cause de valeurs et de fondements idéologiques des sociétés dites développées dans les domaines juridiques, moraux ou anthroplogiques. Les programmes proposés par ces partis politiques « verts » prétendent néanmoins apporter des réponses et des idées au panorama de l'action politique dans sa totalité ; la question de la protection de l'environnement, si elle est centrale et fondatrice, n'en est donc pas pour autant exclusive de tout autre problématique. L'envergure des propositions en matière de développement économique et d'économie sociale recèle bien des prise de position dans tous les domaines qu'offre l'action politique – et parfois même au-delà chez certains « deep-ecologists ».
 Ainsi, parce qu'aujourd'hui les partis verts ont fait montre d'une grande maturité poli-tique, et dans les idées qu'ils proposent, et dans leur investissement de la vie politique publi-que en Europe, on ne peut plus compter sans eux dans un grand nombre de pays. Leur actua-lité et leur opportunisme se mesure à présent à grande et à petite échelle, des villes qu'ils ont conquis en Europe du Nord à leur contribution à la prise de conscience des Etats et des orga-nismes supranationaux, des problèmes que génèrent et que généreront sans aucun doute un développement industriel et une incapacité de maîtrise de celui-ci, en passant par les puissants lobbies et les immenses organisations de défense de l'environnement dont l'action s'inscrit clairement dans un cadre politique. Le premier sommet mondial sur l'environnement de Stockholm en 1972 et la récente conférence de Rio de Janeiro de 1992, les victoires dans cer-tains procès aux Etats-Unis, le récent discours de campagne du président des Etats-Unis en 1996 et notamment les prises de positions de son vice-président  sont autant d'indicateurs qui permettent et incitent aujourd'hui à un travail de réflexion et de fond sur les politiques écolo-gistes.
 Un travail sur les politiques écologistes et les présupposés sur lesquels elles se bâtis-sent renvoie à la richesse d'une science née il y un peu plus de deux siècles conjointement en France et Allemagne grâce à des botanistes, des naturalistes comme Alexander von Humboldt, Carl von Linné, Augustin Pyramus De Candolle, ou encore Buffon pour la France. La science écologique par les découvertes qu'elle va faire et les théories qu'elle va développer créera une dynamique de pensée touchant la sociologie, la philosophie et enfin la politique. Parce que les naturalistes mettant en avant la diversité de la nature et offrant aux hommes la connaissance de ses limites et de son économie, les scientifiques donnant aux sociétés humaines des moyens techniques et technologiques de plus en plus élaborés, leur offrant une prise toujours plus im-portante sur cette nature, c'est tout naturellement que l'écologie intéresse les politiques et qu'elle fait donc son entrée sur la scène politique de la seconde moitié du XIXème siècle. Le courant de la physiocratie mais surtout les réformateurs sociaux comme Charles Fourier et ses phalanstères, Robert Owen, Saint-Simon, Auguste Comte et Proudhon, incarnent déjà la réac-tion d'une philosophie à l'encontre des transformations sociales et naturelles apportées par la révolution industrielle. Il ne faudrait bien sûr pas réduire les origines de l'écologisme à cette période historique ; des ponts peuvent être mis en évidence avec le XVIIIème siècle et le cou-rant humaniste de l'Aufklärung qui réagit déjà de manière critique aux conceptions héritées de Descartes et du Chancelier Bacon  qui avait construit un schéma homme-nature dans lequel cette dernière était réduite au rôle que lui avait conféré les écrits bibliques , c'est-à-dire envi-sagée plutôt sous le signe du projet que sous celui de l'objet.
La science écologique est donc née dans un contexte historique qui voit naître de nou-velles techniques et de nouvelles formes du travail, qui voit s'élargir le champs de notre ac-tion. Le rapport à la nature est profondément bouleversé en ce qu'il dépasse la simple utilisa-tion de celle-ci qui était à l'oeuvre avec l'agriculture (homo faber) et atteint donc des capaci-tés de transformation radicale avec l'industrie. De même la nature n'apparaît plus aussi mysté-rieuse ni aussi infinie ; la chaîne des conséquences des effets de l'homme est finie (la nature n'a plus les capacités d'amortir ou d'intégrer ceux-ci), relativement prévisible et connue sans qu'il puisse pour autant les maîtriser. Mais la naissance d'un courant de physiocratie qui en-tend redonner au travail de la terre et de la mer son privilège et sa valeur, car celle-ci seule met en rapport le fabricant avec l'Auteur de la nature, fait de ce rapport à la terre l'expression d'une institution divine; fait que l'industrialisation trouve donc dès le XVIIème siècle des pensées naturalistes et originelles qui s'opposent à son développement. L'attachement à la nature qui se manifeste chez ces auteurs, comme Buffon ou Carl von Linné,  s'explique éga-lement par l'admiration qu'ils portent à son extraordinaire organisation même s'il la présente à la suite de Hobbes comme une « guerre de tous contre tous » qui n'est pourtant que l'expression de son autorégulation. Ainsi en regard de la révolution industrielle, la nature ap-paraît encore au XVIIème siècle comme largement supérieure dans son inspiration divine mais également en termes économiques parce que « la nature ne marchande pas avec le labou-reur , elle est généreuse avec lui, elle donne généralement au delà des besoins propres de celui qui la cultive et au-delà de ce qu'il y a investi.  »  Mais, même si elle a relativement peu d'influence dans les faits en France, ses idées sont pourtant fortes et très réactionnaires lors-qu'elle prône un « despotisme légal », la primauté de l'agriculture sur l'industrie, de la cam-pagne sur les villes et la physiocratie  trouve encore aujourd'hui des échos certains.

Si l'écologie est initialement une discipline scientifique fondée au XIXème siècle — naturalisme, biologie — qui s'occupe du « discours de la maison » (oïkos-logos) on entend aujourd'hui par écologie non seulement la science de l'environnement mais également et sur-tout le discours politique qui nous occupe ici. Ce discours peut être scindé en deux branches qui sont d'une part ce qui relève purement du discours politiques des « partis verts » et d'autre part ce qui relève des théoriciens de la pensée écologiste dont une grande partie sont améri-cains. Même si parfois ou souvent comme le remarque de nombreuses études sur l'écologie   les scientifiques veulent se différencier des écologistes en se nommant eux-mêmes « écologues », dans la pratique la distinction n'est pas aussi tranchée. En effet dès les origines certains naturalistes furent également des défenseurs des « milieux naturels » – ainsi en Alle-magne les associations de chercheurs sont-elles nombreuses au siècle dernier, on observe même en 1878 la création à Cologne d'un « Internationalen Verein gegen Verunreinigung der Flüsse, des Bodens und der Luft » [Association Internationale contre la Pollution des cours d'eau, du sol et de l'air] à l'initiative d'un grand nombre de chercheurs pourtant souvent en conflit et qui allèrent jusqu'à dénoncer les nuisances causées par les progrès techniques et hygiéniques, comme le tout à l'égout , de même qu'aujourd'hui les écologues sont également soucieux sous diverses formes du cadre de vie des êtres humains et de l'avenir écologique du monde. Les politiques écologistes si elles sont énoncées dans les faits par les partis du même nom sont le fruit d'une étude des résultats de la science écologique et d'une influence certaine des penseurs « écologistes » qui mirent en oeuvre de nouvelles formes de rapports entre l'homme et la nature . Il nous faudra ainsi avoir à l'esprit la globalité des sources théoriques desquelles les programmes des partis, leurs études, propositions et réflexions tirent leur sour-ces.
 Mais comme toute réflexion politique, l'écologisme a prise sur un certain nombre de domaines de la vie sociale; ainsi la science économique a elle aussi connu d'une manière grandissante un « développement écologique ». Les origines de la science et des pensées éco-logistes sont également sur quelques points intimement liés; des penseurs comme Malthus, Ricardo, Adam Smith, Darwin ainsi que des hommes politiques du siècle dernier comme  Sadi Carnot, Pigou (dont les économistes retiendront l'idée de la taxe « pollueur-payeur ») pour la France ou le député nationnal-libéral de Hermsheim qui déclarait en 1901 devant le Reichstag que « toute la région de Rhénanie centrale est en train de devenir un cloaque [...] et qu'il n'est plus possible aujourd'hui de se baigner dans le Rhin ni même d'y laver son linge.  ». L'économie en tant qu'elle est l'expression d'un rapport des sociétés au monde, à la nature et à elles-mêmes, et en tant que c'est bien souvent les modes de production économiques et la théorie économique elle-même qui sont la cible des critiques des partis écologistes, devra re-tenir particulièrement notre attention sous deux angles: les théories économiques écologistes d'une part et la critiques des systèmes économiques (libéralisme, capitalisme, social-démocratie...) de la part des écologistes.
Mais c'est bien évidemment également dans des mouvements et courants littéraires que l'on pourra trouver des influences certaines sur les scientifiques comme « chez Alexandre de Humboldt, ami de Goethe, et comme chez Jean-jacques Rousseau, qui fit aussi oeuvre de bo-taniste, le romantisme se mêle aux considérations scientifiques  ».
Repérer les présupposés philosophiques aux politiques écologistes nous imposera un chemi-nement précis dans les diverses philosophie de la nature,  la manière dont s'articulent chez les philosophes les concepts de nature et d'essence humaine ainsi que la valeur qu'ils leurs confè-rent. A partir des différentes sphères théoriques et historiques que nous venons d'énoncer nous verrons en termes de philosophie politique, de métaphysique et de philosophie naturelle les valeurs et concepts que revendiquent et développent les théories politiques écologistes, si l'on peut établir une cohérence dans leurs différences. Les politiques écologistes, si elles font l'objet d'innombrables travaux aux Etats-Unis, restent « sous-développées » en Europe occi-dentale. Il nous a paru néanmoins d'autant plus intéressant d'aborder notre étude sous deux angles différents que sont la France et l'Allemagne. Ces deux pays tranchent par leurs origines culturelles, – même si des rapprochements sont plus que permis – leur organisation politique ainsi que le rapport qu'ils entretiennent avec l'environnement ; en effet comme le souligne Jérôme Vialatte « l'opposition est traditionnelle entre les Latins, réputés négligents pour leur cadre de vie, et les Scandinaves et Germaniques, plus sensibilisés »  est relayée dans les faits, il nous a donc semblé pertinent pour une étude qui se veut circonscrite à une certaine appro-che, une approche philosophique en l'occurrence, de retenir ces deux pays comme terreau de recherche et donc sur quels points l'on peut différencier l'exemple français de l'exemple al-lemand.

I. Le Rapport à la Nature

 Si le rapport à la nature, à l'environnement naturel et animal de l'humanité n'est plus aujourd'hui l'unique point sensible des mouvements politiques verts — la volonté de faire disparaître cette étiquette est même très présente dans certains partis écologistes — il a été pour tous la base idéologique sur laquelle ils se sont fondés. Les mouvements de défense de l'environnement, aujourd'hui fortement présents et aux différents modes d'action (politique, pacifiste, lobbying ou encore violente comme l'a démontré le récent épisode de la reprise des essais nucléaires dans le pacifique sud par la France et l'intervention des militants de Green-peace) ont été dans les années soixante les moteurs d'une prise de conscience des risques écologiques encourus par la planète et par les hommes, ils ont largement fait circuler une in-formation sur les catastrophes et les désastres, parfois irréversibles, qui ont eu lieu ou qui sont susceptibles de se produire à plus ou moins brève échéance. Bien que pour certains auteurs, le fait déterminant qui amena le problème de la survie de la planète sur le devant de la scène, fut l'explosion des bombes atomiques au-dessus d'Hiroshima et de Nagasaki, il n'en reste pas moins que l'on doit aux mouvements de défense de la nature d'avoir mis en place des structu-res militantes bien organisées tant dans leurs modes d'action que dans la communication de constats et de résultats effectués par leurs propres services ou par les biologistes et écologues dans les pays occidentaux à l'opinion publique. Comme le démontre les études sociologiques et politiques sur les partis verts en Europe et aux Etats-Unis  Le rapport à la nature s'est donc construit sur la destruction et la mise en péril de celle-ci par les hommes. Le rapport à la na-ture est déterminé en premier lieu par les origines scientifiques de l'écologie; la botanique, le naturalisme et la biologie ayant pour objet d'étude la diversité de la nature dans toutes ses formes, ces sciences ont un lien à leur objet qui relève de la protection de celui-ci – le scienti-fique veut nécessairement protéger son objet d'étude – , voire même de la fascination. Les volumineuses « Histoire Naturelle » de Buffon, A. von Humboldt, les diverses et importantes classifications naturelles et leur système de C. von Linné, Lamarck, les vifs débats autour des théories de l'évolution des XVIIIème et XIXème siècles nous montrent l'importance des dé-couvertes de nouvelles espèces de plantes et d'animaux et la profonde modification du rapport à la nature et à la planète qu'elles provoquent. L'amélioration des connaissances des autres continents, la viabilité grandissante des cartes maritimes permise par la plus grande précision des instruments de mesure ont pour corrélat une vision du monde en des termes plus globaux, plus systémiques. C'est dans cette révolution du rapport à la nature et au monde que l'on ob-serve les premières manifestations visant à la protection de l'environnement, c'est-à-dire « selon Richard Grove, autour de cette rencontre entre l'Europe et les tropiques où se mêlent pour le moins physiocratie, savoir naturaliste, théologie, orientalisme et romantisme.  » Au sein des origines de l'écologie politique dans lesquelles se mêlent connaissance rationnelle et sentiments irrationnels  nous allons à présent voir comment l'on peut dépeindre ce que les politiques écologistes présupposent dans leur rapport à la nature et au monde.

1.1 Une conception holiste du monde

« La Nature est l'ensemble [nous soulignons] des phénomènes en tant que ceux-ci, en vertu d'un principe interne de la causalité s'enchaînent universellement. », cette affirmation de Kant  confère horizontalement – dans le temps – et verticalement – dans l'espace – à la na-ture sa totalité. La pensée écologiste voit à l'instar du philosophe dans la nature une totalité des phénomènes, l'ensemble des facteurs agissant entre eux, mais elle considère cette nature selon deux dimensions: l'écosystème et la biocénose, l'un étant le milieu et l'autre la dynami-que vitale. L'écologie fait ainsi du monde un système relativement fermé, composé d'acteurs aux capacités d'action plus ou moins grandes et qui ensemble modifient leur milieu. L'écologisme, à l'instar de la science écologique, a pour objectif fondamental non pas, comme au XVIIème siècle, de rechercher dans notre monde le principe d'équilibre et d'autorégulation  de la nature, les désastres écologiques et la diminution des ressources natu-relles énergétiques font que de toute manière ce principe originel est aujourd'hui incapable d'intégrer l'action humaine et ses conséquences – puisque, selon le géochimiste russe W. Vernadsky, le genre humain est devenu aujourd'hui une véritable force géophysiologique – , mais de tenter de trouver des modèles d'équilibre. La notion d'équilibre de l'écosystème est en effet le concept fondamental sur lequel se construisent les théories politiques et les analyses des écologistes. Ce concept reste assez complexe dans sa mise en oeuvre, de par la diversité des facteurs qu'il doit prendre en compte, et également parce que comme l'écrivent Ilya Pri-gogine et Isabelle Stengers, « la charge intellectuelle et affective du concept d'équilibre lui vient d'idées d'ordre et d'harmonie provenant de champs différents.  » Il faut également ajouter que cette idée, selon laquelle il faudrait aujourd'hui réintégrer l'homme dans l'équilibre vital, laisse supposer une volonté politique forte de considérer le système dans sa globalité et donc d'assigner des rôles à tout homme selon l'évaluation de ses interactions et donc la définition de priorités, de normes, de limites et de valeurs. Mais nous traiterons plus loin l'aspect politique.
La conception globale de l'écosystème et la recherche d'un point d'équilibre (ce que les scientifiques appellent la « théorie du climax » c'est-à-dire le « terme final de l'évolution progressive de la végétation dans l'hypothèse où cette végétation est à l'abri de toute action perturbatrice ou destructrice) sont largement controversés quand bien même ses théories sont nombreuses. Ainsi le théoricien de l'hypothèse Gaïa , James Lovelock, qui tend à faire de la Terre un être vivant, déclarait en 1975 au cours d'un colloque sur les dangers qui pèsent sur l'atmosphère, que « notre capacité à polluer à une échelle planétaire » lui semblait « assez insignifiante » par rapport à la robustesse du système formé par les composants organiques  et inorganiques de la planète . C'est la question d'une conception de l'écologie qui est ici po-sée; est-ce l'homme que l'on veut protéger ou bien la nature ? On répondit d'ailleurs à Love-lock au cours de ce colloque qu'une guerre nucléaire ne mettrait certainement pas en cause l'existence de la vie sur la planète Terre mais qu'en revanche l'humanité serait, elle, anéantie.
    Mais les critiques sont nombreuses sur l'existence d'un point d'équilibre dans notre écosystème, et même dans n'importe quel écosystème, et pourtant « le lien entre diversité et stabilité », comme le souligne Jean-Marc Drouin , « est un argument qui a souvent été invo-qué pour réclamer une politique de protection de l'environnement. » La question de la con-ception holiste de notre écosystème est nécessairement liée à l'idée d'équilibre et donc d'évolution. Le débat est encore ouvert entre les deux courants apparemment opposés: celui de Forbes et Darwin selon lequel l'équilibre est atteint par la sélection naturelle, la commu-nauté des intérêts évinçant les individus les moins adaptés – on peut également y rattacher la pensée malthusienne ainsi que les analyses de Ricardo qui fait par exemple du salaire réel le « principal régulateur de la population et sa plus juste limite » – , et celui du géographe et na-turaliste russe Pierre Kropotkine  qui lui, voit dans l'entraide mutuelle le moyen d'accroître les chances de survie de l'espèce ainsi que celui du penseur écologiste Ivan Illich  qui prône un système social convivial où l'homme contrôle l'outil. La vision écologiste du monde en tant que l'écologisme a à voir avec une étude des relations, est une vision holiste du monde et intègre trois facteurs déterminant de notre évolution: 1/ le rapport des espèces entre elles (biocénose) 2/ l'environnement inerte (biotope) 3/ le rapport des espèces à leur environnement - l'organisation interne des espèces constitue également un facteur mais que l'on placera en aval des trois facteurs que nous venons de voir.  L'observation du monde sous une forme « macroscopique », la conception holistique de ce monde lui conférant une plus-value n'est plus une façon de décrire un phénomène de manière « analytique », c'est à dire selon la dé-marche cartésienne, par décomposition de ses éléments constitutifs, mais dans sa totalité et son environnement. Il y a cependant un point sur lequel la démarche écologique et celle de Descartes  se rapprochent. C'est dans leur conception du « Monde »; la physique du philoso-phe a ceci de révolutionnaire pour la Physique qu'il considère le monde comme un espace clos animé d'une dynamique qu'il nomme « grand tourbillon » et d'une mécanique qui fait que chaque élément de matière étant en contact avec d'autres modifie à sa mesure l'ordre du monde, son organisation; la similitude avec l'analyse écologiste reste néanmoins limitée. Cette conception, nous la rencontrons aujourd'hui dans la théorie dite de « l'effet papillon » où le battement d'aile d'un papillon en Asie provoque un ouragan en Floride, et que l'on doit au météorologue Edward N. Lorenz .
Cette conception nous amène à une autre considération: celle de notre capacité d'agir et des conséquences de notre action. La thèse soutenue par nombre d'écologistes est, que puisque jusqu'ici nous n'avons pas su maîtriser notre développement économique et les effets externes qu'il a produit, nous devons à présent, puisque nous sommes dans l'ignorance des effets à moyen et long terme, stopper notre développement. C'est en quelque sorte la thèse jonassienne exposée dans le Prinzip Verantwortung [Le Principe Responsabilité] que l'on rencontre ici. Autrement dit, et selon l'opposition bergsonienne entre mécanisme et dyna-misme, la pensée écologiste tendrait à vouloir démontrer qu'en « mécanisant » la nature, en la transformant en force technologique l'homme aurait considérablement limité ses capacités dynamiques (non son principe, la nature veut la vie). Mais nous reviendrons plus précisément sur ce sujet plus loin.
Les politiques écologistes ont une approche de la société de type « village » pourrait-on dire, au sens où les phénomènes sont mesurés dans leurs effets et leur interaction et non sim-plement en eux-mêmes. D'un point de vue plus scientifique, l'écologie est, pour Howard Odum , une introduction à une science générale des systèmes complexes qui échangent de la matière, de l'énergie et de l'information avec leur environnement. L'écologie, en tant que science, dans l'approche de son objet offre des paradigmes d'analyse que l'on retrouve dans la manière dont procèdent les analyses politiques écologistes. Afin de mieux comprendre com-ment les politiques écologistes se démarquent de la science écologique, il nous faut à présent considérer comment la nature constitue un paradigme pour ces politiques.

(Suite à venir)

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- Sylvie Faucheux, Jean-François Noël, Economie des Ressources Naturelles et de l'Environnement, coll. « U », série Economie, Armand Colin, Paris, 1995.
Philosophie politique :
- Wolfgang Herle, Der Beziehungswandel zwischen Mensh und Natur in Spiegel der Deutsch, (Les Mutations des Relations entre l'Homme et la Nature dans le Reflet de l'Allemagne), H-D Heinz, Stuttgart, 1982.
- John Stuart-Mill, Principes d'Économie Politique.
- John Stuart-Mill, L'Utilitarisme, Champs Flammarion, 1988.
- Jean-Jacques Rousseau, Du Contrat Social, Paris, Garnier-Flammarion, 1992.
- Jean-Jacques Rousseau, Essai sur l'Origine de l'Inégalité parmi les Hommes, Paris, Gar-nier- Flammarion, 1992.
Courant de la « Deep Ecology »:
- R. Bradley et S. Duguid, Environmental Ethics, vol II, Simon Fraser University, 1989.
- I. Illich, Energie et Equité, Paris, Ed. du Seuil, 1973.
- I. Illich, La Convivialité, Paris, Ed. du Seuil, 1973.
- Aldo Leopold, A Sound County Almanac, 1949, trad. française Almanach d'un Comté des Sables, Paris, Aubier, 1995.
- Mary Midgley, Robinson Crusoé.
- Arn Naess, Ecology, Community and Lifestyle, Cambridge University Press, 1989.
- G. Sessions, Deep Ecology for the Twenty-First Century, Boston et Londres, Shambhala, 1995.

Également de nombreux articles. (v. plus loin)
Analyse écologique :
- J. Batou, « Révolution russe et écologie (1917 - 1934) », Vingtième siècle, 35, 16-28, 1992.
- André Siegfried, Tableau Politique de le France de l'Ouest (1913), Stalkine, Genève, 1980.
 
Revues :
- Autre Temps, Cahiers d'Éthique Sociale et Politique, Mai 1996.
- Le Débat, n° 60, Août 1990.
- Autogestion Alternative, hebdomadaire du PSU, novembre 1986.
 
 
Articles de périodiques :
- « La réponse à Hans Jonas » A. Dumas, Esprit 42, 1979. n° 438/9.
- « Do Rocks have Rights » Roberick Nash, Center Magazine, 10, 1977
- « Toward a Heideggerian Ethos for Radical Environmentalism. », Michael E. Zimmerman, Environmental ethics, vol. 5, été 1983.
- « The Ethics of Respect for Nature » Paul W. Taylor, Environmental ethics, vol 3, 1981.
- « The Rights of Nature. A History of Environmental Ethics » Roderick Nash, The Univer-sity of Wisconsin Press, 1989.
- « De l'animal comme être philosophique », Krzystof Ponian, Le Débat,  n° 27, novembre 1983.
- « The stallow and the deep, long range écology movement. A summary », Arne Naess, Philosophical Inquiry, vol. XVI, 1973.
- « The deep ecological movement : some philosophical aspects », Arne Naess, Philosophi-cal Inquiry, vol. VIII, 1986.
- «  The deep ecology movement : a review », George Sessions, Environnemental Review, n° 9, 1987.
- « La nature comme sujet de droit ? Réflexions sur deux approches du problème », Luc Bé-jin, Dialogue, XXX, 1991.
- « Spinoza and Jeffers on man in nature », George Sessions, Inquiry, XX, 1977.
- « Des crimes contre l'environnement », Commission de réforme des lois (fondée au Cana-da en 1971), Working Paper, n° 44, 1985.
- « De la gnose au principe responsabilité : un entretien avec Hans Jonas », Esprit, mai 1991, p. 15.
- « Schould trees have standing ? Toward legal rights for natural objects. », Christopher D. Stone, Southern California Law Review, 1972.
- « L'écologie, ce matérialisme historique », Actuel Marx, 12, 7-112, 1993.
-  « Aux origines des Verts en RFA », Roland Crates, Allemagne d'aujourd'hui, n° 115, 65-82, 1991.
 
 S'y ajoutent un certain nombre de commentaires politiques et d'essais sur les rapports entre politique et environnement parus dans la revue Esprit depuis 1991 .
Législations, Textes officiels et Commissions:
- Rapport d'Information sur les Projets Communautaires Relatifs à la Prévention de l'Environnement et à la Réparation des Dommages à l'Environnement, déposé par la délé-gation de l'Assemblée Nationale pour l'Union Européenne, 1994-1995.
- Rapport des Nations-Unies sur la Conférence de Rio de 1992, source Internet (http ://www.greenpeace.org/~intlaw/rio1.html).
- Notre Avenir à tous. La Commission mondiale sur l'Environnement et le Développement, Montréal, éditions du Fleuve, 1988.
- Dr Giese et Dr Kahler Das Deutsche Tierschutzrecht, Berlin, Dunker et Humblot, 1939.
- Loi du 1er Juillet 1935 sur l'écologie, Allemagne, ( Reichsnaturschutzgesetz )
- Loi sur la protection de la nature du 26 juin 1935, Journal Officiel du Reich, n°1, p. 821.
- Déclaration Universelle des Droits de l'Animal, UNESCO,1978.
- Fédération Européenne des Partis Verts, The Guiding of the principles of the European federation of Green Parties, source Internet (WWW) au 11/02/1997.
Sur le nazisme :
- Roger A. Pois, La Religion de la Nature et le National-Socialisme, Cerf, 1993.
- Walter Schoenichen, Naturschutz im Dritten Reich, (La Protection de la Nature sous le Troisième Reich),1934.
-  Walter Schoenichen, Naturschutz als Völkische und Internationale Kulturaufgabe, (La Protection de la Nature comme Devoir Culturel International et Populaire ) , Iéna, 1942.

Thèses :
-  Raisons et Significations de l'émergence de l'écologie Politique en France à la Fin des Années 1980, Agnès Roche, 1992.
-  Le Rapport entre l'Ecologie et les Sciences Humaines, Daniel Pantobe, 1974.
Sur L'écologie allemande :
- Nullmeier F. ; Rubert F ; Schultz H. , Umweltbenegungen und Parteiensystem : Frankreich - Schweden - Berlin, Quorum, 1983.
- Die Grüne Alternative, Das Grüne Investitionsprogramm, (Programme d'investiture des Grünen), Vienne, 1991, 36 p.
- Bündnis 90 / Die Grünen, Kreistagswahlprogramm für 1994 - 1999, source Internet (WWW) au 04/02/1997.
- Joachim Raschke, Die Grünen : wie sie Wurden was sie Sind, Köln, Bund Verlag, 1993.
- Jutta Ditfurth, Entspannt in die Barbarei - Esoterik, (Öko-)Faschismus und Biozentrismus, Hamburg, Konkret Literatur Verlag, 1996.
- Andreas Brenner, Ökologie-Ethik, Leipzig, Reclam Verlag, « Reclam-Bibliothek », 1996.
- Klaus-Georg Wey, Umweltpolitik in Deutschland - Kurze Geschichte des Umweltschutzes in Deutschland seit 1900, Opladen, Westdeutscher Verlag, 1982.

Sites Internet

Organisations politiques :
Green Party
http://www.rahul.net/greens/
BÜNDNIS '90/DIE GRÜNEN - The German Green Party
http://www.hrz.uni-oldenburg.de/~oliver/bg/e.bgindex.html
Bundestagsfraktion Bündnis 90/Die Grünen - Inhalt
http://www.gruenebt.de/index2.htm
Les Verts
http://www.verts.imaginet.fr/repub.html
Grénération Ecologie
http://www.ecologie.org/Legislatives 97/
Organisations non gouvernementales :
- Adresses des Associations de Défense et de Promotion de l'Environnement
http://www.greenpeace.org/"Greenpeace International
Campus Ecology
http://www.nwf.org/nwf/campus/
Adresse utiles et autres liens
http://www.envirolink.org/EnviroLink_Library/organizations.html
Christian Environmental Association
http://www.targetearth.org
Lesbian Natural Resources
http://www.netins.net/showcase/kaytsine/lnr.htm
Organisations scientifiques :
Center for International Environmental Law
http://www.econet.apc.org/ciel
Environmental Information Center
http://www.igc.apc.org/eic/
Environmental Resources Information Network
http://www.erin.gov.au/erin.html
Environmental Working Group
http://www.ewg.org
European Centre for Nature Conservation
http://www.ecnc.nl
Global Response
http://www.globalresponse.org
Institut für Ökologie und Aktions-Ethnologie
http://www.koeln-online.de/infoe/index.html
Union for Sustainable Development
http://www.mlink.net/~udd_usd/index.html
Youth and Environment Europe (YEE)
http://www.netg.se/Oppen/Org/y/yee/yee.htm
Les conséquences de la disparition des forêts tropicales
http ://www. geocities.com/~combusem
Sommet de Rio 1992
http ://www.ecouncil.ac.cr/
Ecotopia, l'avenir de notre planète
http ://www.ecotopia.org/
Information permanente sur l'écologie
http ://www.gold.net/ecosystem/