Eric Sieberath
Maîtrise de Philosophie - Mémoire de philosophie
PARIS I PANTHEON-SORBONNE
1996-1997
Directeur : M. Yves Michaud
Introduction
I. Le rapport à la nature
I.1. La conception holiste du monde
I.2. La nature comme paradigme
I.3. Un rapport scientifique et spirituel
II. Les choix politiques
II.1. De la nature au politique
II.2. Les présupposés aux théories politiques
II.3. Le politique et l'économique
III. Les choix moraux
III.1. Une nouvelle anthropologie
III.2. La solution « responsable ». Hans Jonas
III.3. Perspectives éthiques
Conclusion
Annexes
Bibliographie
Introduction*
L'arrivée de programmes écologistes sur
la scène politique européenne par l'entrée de quelques
députés verts allemands (Die Grünen) au Bundestag dans
les années 1970 ne constitue pas le début de l'écologie
politique. Elle est déjà présente de manière
effective au travers des mesures de protection des animaux et de la nature
prononcées par le régime nazi en 1939 , et bien qu'elles
s'inscrivent dans un cadre idéologique déterminé elles
n'en constituent pas moins en elles-mêmes les premières
décisions politiques autoritaires ayant pour objet l'environnement
naturel et animal. Des décisions politiques relatives à la
protection de l'en-vironnement peuvent tout de même être
relevées dans les annales politiques de l'Europe occi-dentale dès
le XVIème siècle , mais les lois nazies sont plus
profondément écologistes en ce qu'elles instituent une nouvelle
conception de la nature et de l'homme dans leur rapport. L'émergence
de grands textes de fondation écologiques dans les années 1980
marque cepen-dant la nouveauté des mouvements écologiques dans
la constitution de programmes politiques globaux allant au delà des
simples revendications de protection de la nature tout en les gardant comme
idéologie forte ainsi que comme thématique de mobilisation
de l'opinion. Les politi-ques écologistes proposées par les
différents partis verts européens ont développé
de vérita-bles modèles de société reposant sur
des constats empiriques qui mettent en évidence la non durabilité
du développement des sociétés industrielles et
postindustrielles. La question cru-ciale, et novatrice, posée par
les écologistes est celle de notre devenir, question qui sous-entend
notre capacité à gérer notre développement industriel
et scientifique; la notion de dé-veloppement durable est à
ce sujet d'une grande importance théorique. Ainsi, en réaction
à un type de société et de développement les
politiques écologistes s'efforcent de mettre en oeuvre des systèmes
alternatifs. C'est par ce biais qu'il nous faut distinguer « politiques
écologistes » et « politiques écologiques »
; ces dernières, en s'inscrivant dans des modèles politiques
et économiques déjà établis ne font donc que
proposer des mesures ad hoc pour tenter de palier aux problèmes que
génèrent ces modèles ou qu'ont généré
d'autres modèles.
Pour autant, il ne faut pas réduire les politiques écologistes
à de simples réactions né-gatives aux modèles
en vigueur. Elles ont une autonomie idéologique qui repose sur bien
des valeurs et sur bien des penseurs qui ensemble produisent des systèmes
politiques cohérents, ambitieux et révolutionnaires par bien
des angles d'approche, mais surtout très pertinents. Aussi, les politiques
écologistes telles qu'elles se présentent ne sont pour la plupart
pas à ran-ger sous le genre réactionnaire mais - et comme souvent
leur nom l'indique - bien plutôt comme des types alternatifs, notre
étude devra à ce titre également s'interroger sur la
notion de « politique alternative ». Cela doit d'autant plus nous
faire prendre en compte les fonda-tions théoriques sur lesquelles
elles se bâtissent autant que leurs origines, qu'elles les revendi-quent
ou non.
Les politiques écologistes proposées en Europe et aux
Etats-Unis bien que l'on puisse aujourd'hui recenser sur les autres
continents des mouvements de défense de l'environnement de plus en
plus actifs, qui en appellent à nombre de penseurs (économistes,
politiques et scientifiques), qui tentent de mettre en place des solutions
alternatives aux dé-sastres écologiques que connaissent un
grand nombre de pays étonnent parfois par le radica-lisme de
leur critique du monde industriel de la fin du XXème siècle,
mais également par la remise en cause de valeurs et de fondements
idéologiques des sociétés dites développées
dans les domaines juridiques, moraux ou anthroplogiques. Les programmes
proposés par ces partis politiques « verts » prétendent
néanmoins apporter des réponses et des idées au panorama
de l'action politique dans sa totalité ; la question de la protection
de l'environnement, si elle est centrale et fondatrice, n'en est donc pas
pour autant exclusive de tout autre problématique. L'envergure des
propositions en matière de développement économique
et d'économie sociale recèle bien des prise de position dans
tous les domaines qu'offre l'action politique et parfois même
au-delà chez certains « deep-ecologists ».
Ainsi, parce qu'aujourd'hui les partis verts ont fait montre d'une
grande maturité poli-tique, et dans les idées qu'ils proposent,
et dans leur investissement de la vie politique publi-que en Europe, on ne
peut plus compter sans eux dans un grand nombre de pays. Leur actua-lité
et leur opportunisme se mesure à présent à grande et
à petite échelle, des villes qu'ils ont conquis en Europe du
Nord à leur contribution à la prise de conscience des Etats
et des orga-nismes supranationaux, des problèmes que génèrent
et que généreront sans aucun doute un développement
industriel et une incapacité de maîtrise de celui-ci, en passant
par les puissants lobbies et les immenses organisations de défense
de l'environnement dont l'action s'inscrit clairement dans un cadre politique.
Le premier sommet mondial sur l'environnement de Stockholm en 1972 et la
récente conférence de Rio de Janeiro de 1992, les victoires
dans cer-tains procès aux Etats-Unis, le récent discours de
campagne du président des Etats-Unis en 1996 et notamment les prises
de positions de son vice-président sont autant d'indicateurs
qui permettent et incitent aujourd'hui à un travail de réflexion
et de fond sur les politiques écolo-gistes.
Un travail sur les politiques écologistes et les
présupposés sur lesquels elles se bâtis-sent renvoie
à la richesse d'une science née il y un peu plus de deux
siècles conjointement en France et Allemagne grâce à
des botanistes, des naturalistes comme Alexander von Humboldt, Carl von
Linné, Augustin Pyramus De Candolle, ou encore Buffon pour la France.
La science écologique par les découvertes qu'elle va faire
et les théories qu'elle va développer créera une dynamique
de pensée touchant la sociologie, la philosophie et enfin la politique.
Parce que les naturalistes mettant en avant la diversité de la nature
et offrant aux hommes la connaissance de ses limites et de son économie,
les scientifiques donnant aux sociétés humaines des moyens
techniques et technologiques de plus en plus élaborés, leur
offrant une prise toujours plus im-portante sur cette nature, c'est tout
naturellement que l'écologie intéresse les politiques et qu'elle
fait donc son entrée sur la scène politique de la seconde
moitié du XIXème siècle. Le courant de la physiocratie
mais surtout les réformateurs sociaux comme Charles Fourier et ses
phalanstères, Robert Owen, Saint-Simon, Auguste Comte et Proudhon,
incarnent déjà la réac-tion d'une philosophie à
l'encontre des transformations sociales et naturelles apportées par
la révolution industrielle. Il ne faudrait bien sûr pas
réduire les origines de l'écologisme à cette période
historique ; des ponts peuvent être mis en évidence avec le
XVIIIème siècle et le cou-rant humaniste de l'Aufklärung
qui réagit déjà de manière critique aux conceptions
héritées de Descartes et du Chancelier Bacon qui avait
construit un schéma homme-nature dans lequel cette dernière
était réduite au rôle que lui avait conféré
les écrits bibliques , c'est-à-dire envi-sagée plutôt
sous le signe du projet que sous celui de l'objet.
La science écologique est donc née dans un contexte historique
qui voit naître de nou-velles techniques et de nouvelles formes du
travail, qui voit s'élargir le champs de notre ac-tion. Le rapport
à la nature est profondément bouleversé en ce qu'il
dépasse la simple utilisa-tion de celle-ci qui était à
l'oeuvre avec l'agriculture (homo faber) et atteint donc des capaci-tés
de transformation radicale avec l'industrie. De même la nature
n'apparaît plus aussi mysté-rieuse ni aussi infinie ; la
chaîne des conséquences des effets de l'homme est finie (la
nature n'a plus les capacités d'amortir ou d'intégrer ceux-ci),
relativement prévisible et connue sans qu'il puisse pour autant les
maîtriser. Mais la naissance d'un courant de physiocratie qui en-tend
redonner au travail de la terre et de la mer son privilège et sa valeur,
car celle-ci seule met en rapport le fabricant avec l'Auteur de la nature,
fait de ce rapport à la terre l'expression d'une institution divine;
fait que l'industrialisation trouve donc dès le XVIIème
siècle des pensées naturalistes et originelles qui s'opposent
à son développement. L'attachement à la nature qui se
manifeste chez ces auteurs, comme Buffon ou Carl von Linné,
s'explique éga-lement par l'admiration qu'ils portent à son
extraordinaire organisation même s'il la présente à la
suite de Hobbes comme une « guerre de tous contre tous » qui n'est
pourtant que l'expression de son autorégulation. Ainsi en regard de
la révolution industrielle, la nature ap-paraît encore au
XVIIème siècle comme largement supérieure dans son
inspiration divine mais également en termes économiques parce
que « la nature ne marchande pas avec le labou-reur , elle est
généreuse avec lui, elle donne généralement au
delà des besoins propres de celui qui la cultive et au-delà
de ce qu'il y a investi. » Mais, même si elle a
relativement peu d'influence dans les faits en France, ses idées sont
pourtant fortes et très réactionnaires lors-qu'elle prône
un « despotisme légal », la primauté de l'agriculture
sur l'industrie, de la cam-pagne sur les villes et la physiocratie
trouve encore aujourd'hui des échos certains.
Si l'écologie est initialement une discipline scientifique fondée
au XIXème siècle naturalisme, biologie qui s'occupe
du « discours de la maison » (oïkos-logos) on entend aujourd'hui
par écologie non seulement la science de l'environnement mais
également et sur-tout le discours politique qui nous occupe ici. Ce
discours peut être scindé en deux branches qui sont d'une part
ce qui relève purement du discours politiques des « partis verts
» et d'autre part ce qui relève des théoriciens de la
pensée écologiste dont une grande partie sont améri-cains.
Même si parfois ou souvent comme le remarque de nombreuses études
sur l'écologie les scientifiques veulent se différencier
des écologistes en se nommant eux-mêmes « écologues
», dans la pratique la distinction n'est pas aussi tranchée.
En effet dès les origines certains naturalistes furent également
des défenseurs des « milieux naturels » ainsi en
Alle-magne les associations de chercheurs sont-elles nombreuses au siècle
dernier, on observe même en 1878 la création à Cologne
d'un « Internationalen Verein gegen Verunreinigung der Flüsse,
des Bodens und der Luft » [Association Internationale contre la Pollution
des cours d'eau, du sol et de l'air] à l'initiative d'un grand nombre
de chercheurs pourtant souvent en conflit et qui allèrent jusqu'à
dénoncer les nuisances causées par les progrès techniques
et hygiéniques, comme le tout à l'égout , de même
qu'aujourd'hui les écologues sont également soucieux sous diverses
formes du cadre de vie des êtres humains et de l'avenir écologique
du monde. Les politiques écologistes si elles sont énoncées
dans les faits par les partis du même nom sont le fruit d'une étude
des résultats de la science écologique et d'une influence certaine
des penseurs « écologistes » qui mirent en oeuvre de nouvelles
formes de rapports entre l'homme et la nature . Il nous faudra ainsi avoir
à l'esprit la globalité des sources théoriques desquelles
les programmes des partis, leurs études, propositions et réflexions
tirent leur sour-ces.
Mais comme toute réflexion politique, l'écologisme a
prise sur un certain nombre de domaines de la vie sociale; ainsi la science
économique a elle aussi connu d'une manière grandissante un
« développement écologique ». Les origines de la
science et des pensées éco-logistes sont également sur
quelques points intimement liés; des penseurs comme Malthus, Ricardo,
Adam Smith, Darwin ainsi que des hommes politiques du siècle dernier
comme Sadi Carnot, Pigou (dont les économistes retiendront
l'idée de la taxe « pollueur-payeur ») pour la France ou
le député nationnal-libéral de Hermsheim qui déclarait
en 1901 devant le Reichstag que « toute la région de Rhénanie
centrale est en train de devenir un cloaque [...] et qu'il n'est plus possible
aujourd'hui de se baigner dans le Rhin ni même d'y laver son linge.
». L'économie en tant qu'elle est l'expression d'un rapport des
sociétés au monde, à la nature et à
elles-mêmes, et en tant que c'est bien souvent les modes de production
économiques et la théorie économique elle-même
qui sont la cible des critiques des partis écologistes, devra re-tenir
particulièrement notre attention sous deux angles: les théories
économiques écologistes d'une part et la critiques des
systèmes économiques (libéralisme, capitalisme,
social-démocratie...) de la part des écologistes.
Mais c'est bien évidemment également dans des mouvements et
courants littéraires que l'on pourra trouver des influences certaines
sur les scientifiques comme « chez Alexandre de Humboldt, ami de Goethe,
et comme chez Jean-jacques Rousseau, qui fit aussi oeuvre de bo-taniste,
le romantisme se mêle aux considérations scientifiques
».
Repérer les présupposés philosophiques aux politiques
écologistes nous imposera un chemi-nement précis dans les diverses
philosophie de la nature, la manière dont s'articulent chez
les philosophes les concepts de nature et d'essence humaine ainsi que la
valeur qu'ils leurs confè-rent. A partir des différentes
sphères théoriques et historiques que nous venons d'énoncer
nous verrons en termes de philosophie politique, de métaphysique et
de philosophie naturelle les valeurs et concepts que revendiquent et
développent les théories politiques écologistes, si
l'on peut établir une cohérence dans leurs différences.
Les politiques écologistes, si elles font l'objet d'innombrables travaux
aux Etats-Unis, restent « sous-développées » en Europe
occi-dentale. Il nous a paru néanmoins d'autant plus intéressant
d'aborder notre étude sous deux angles différents que sont
la France et l'Allemagne. Ces deux pays tranchent par leurs origines culturelles,
même si des rapprochements sont plus que permis leur
organisation politique ainsi que le rapport qu'ils entretiennent avec
l'environnement ; en effet comme le souligne Jérôme Vialatte
« l'opposition est traditionnelle entre les Latins, réputés
négligents pour leur cadre de vie, et les Scandinaves et Germaniques,
plus sensibilisés » est relayée dans les faits,
il nous a donc semblé pertinent pour une étude qui se veut
circonscrite à une certaine appro-che, une approche philosophique
en l'occurrence, de retenir ces deux pays comme terreau de recherche et donc
sur quels points l'on peut différencier l'exemple français
de l'exemple al-lemand.
I. Le Rapport à la Nature
Si le rapport à la nature, à l'environnement naturel et animal de l'humanité n'est plus aujourd'hui l'unique point sensible des mouvements politiques verts la volonté de faire disparaître cette étiquette est même très présente dans certains partis écologistes il a été pour tous la base idéologique sur laquelle ils se sont fondés. Les mouvements de défense de l'environnement, aujourd'hui fortement présents et aux différents modes d'action (politique, pacifiste, lobbying ou encore violente comme l'a démontré le récent épisode de la reprise des essais nucléaires dans le pacifique sud par la France et l'intervention des militants de Green-peace) ont été dans les années soixante les moteurs d'une prise de conscience des risques écologiques encourus par la planète et par les hommes, ils ont largement fait circuler une in-formation sur les catastrophes et les désastres, parfois irréversibles, qui ont eu lieu ou qui sont susceptibles de se produire à plus ou moins brève échéance. Bien que pour certains auteurs, le fait déterminant qui amena le problème de la survie de la planète sur le devant de la scène, fut l'explosion des bombes atomiques au-dessus d'Hiroshima et de Nagasaki, il n'en reste pas moins que l'on doit aux mouvements de défense de la nature d'avoir mis en place des structu-res militantes bien organisées tant dans leurs modes d'action que dans la communication de constats et de résultats effectués par leurs propres services ou par les biologistes et écologues dans les pays occidentaux à l'opinion publique. Comme le démontre les études sociologiques et politiques sur les partis verts en Europe et aux Etats-Unis Le rapport à la nature s'est donc construit sur la destruction et la mise en péril de celle-ci par les hommes. Le rapport à la na-ture est déterminé en premier lieu par les origines scientifiques de l'écologie; la botanique, le naturalisme et la biologie ayant pour objet d'étude la diversité de la nature dans toutes ses formes, ces sciences ont un lien à leur objet qui relève de la protection de celui-ci le scienti-fique veut nécessairement protéger son objet d'étude , voire même de la fascination. Les volumineuses « Histoire Naturelle » de Buffon, A. von Humboldt, les diverses et importantes classifications naturelles et leur système de C. von Linné, Lamarck, les vifs débats autour des théories de l'évolution des XVIIIème et XIXème siècles nous montrent l'importance des dé-couvertes de nouvelles espèces de plantes et d'animaux et la profonde modification du rapport à la nature et à la planète qu'elles provoquent. L'amélioration des connaissances des autres continents, la viabilité grandissante des cartes maritimes permise par la plus grande précision des instruments de mesure ont pour corrélat une vision du monde en des termes plus globaux, plus systémiques. C'est dans cette révolution du rapport à la nature et au monde que l'on ob-serve les premières manifestations visant à la protection de l'environnement, c'est-à-dire « selon Richard Grove, autour de cette rencontre entre l'Europe et les tropiques où se mêlent pour le moins physiocratie, savoir naturaliste, théologie, orientalisme et romantisme. » Au sein des origines de l'écologie politique dans lesquelles se mêlent connaissance rationnelle et sentiments irrationnels nous allons à présent voir comment l'on peut dépeindre ce que les politiques écologistes présupposent dans leur rapport à la nature et au monde.
1.1 Une conception holiste du monde
« La Nature est l'ensemble [nous soulignons] des phénomènes
en tant que ceux-ci, en vertu d'un principe interne de la causalité
s'enchaînent universellement. », cette affirmation de Kant
confère horizontalement dans le temps et verticalement
dans l'espace à la na-ture sa totalité. La
pensée écologiste voit à l'instar du philosophe dans
la nature une totalité des phénomènes, l'ensemble des
facteurs agissant entre eux, mais elle considère cette nature selon
deux dimensions: l'écosystème et la biocénose, l'un
étant le milieu et l'autre la dynami-que vitale. L'écologie
fait ainsi du monde un système relativement fermé, composé
d'acteurs aux capacités d'action plus ou moins grandes et qui ensemble
modifient leur milieu. L'écologisme, à l'instar de la science
écologique, a pour objectif fondamental non pas, comme au XVIIème
siècle, de rechercher dans notre monde le principe d'équilibre
et d'autorégulation de la nature, les désastres
écologiques et la diminution des ressources natu-relles
énergétiques font que de toute manière ce principe originel
est aujourd'hui incapable d'intégrer l'action humaine et ses
conséquences puisque, selon le géochimiste russe W.
Vernadsky, le genre humain est devenu aujourd'hui une véritable force
géophysiologique , mais de tenter de trouver des modèles
d'équilibre. La notion d'équilibre de l'écosystème
est en effet le concept fondamental sur lequel se construisent les théories
politiques et les analyses des écologistes. Ce concept reste assez
complexe dans sa mise en oeuvre, de par la diversité des facteurs
qu'il doit prendre en compte, et également parce que comme
l'écrivent Ilya Pri-gogine et Isabelle Stengers, « la charge
intellectuelle et affective du concept d'équilibre lui vient d'idées
d'ordre et d'harmonie provenant de champs différents. »
Il faut également ajouter que cette idée, selon laquelle il
faudrait aujourd'hui réintégrer l'homme dans l'équilibre
vital, laisse supposer une volonté politique forte de considérer
le système dans sa globalité et donc d'assigner des rôles
à tout homme selon l'évaluation de ses interactions et donc
la définition de priorités, de normes, de limites et de valeurs.
Mais nous traiterons plus loin l'aspect politique.
La conception globale de l'écosystème et la recherche d'un
point d'équilibre (ce que les scientifiques appellent la «
théorie du climax » c'est-à-dire le « terme final
de l'évolution progressive de la végétation dans
l'hypothèse où cette végétation est à
l'abri de toute action perturbatrice ou destructrice) sont largement
controversés quand bien même ses théories sont nombreuses.
Ainsi le théoricien de l'hypothèse Gaïa , James Lovelock,
qui tend à faire de la Terre un être vivant, déclarait
en 1975 au cours d'un colloque sur les dangers qui pèsent sur
l'atmosphère, que « notre capacité à polluer à
une échelle planétaire » lui semblait « assez
insignifiante » par rapport à la robustesse du système
formé par les composants organiques et inorganiques de la
planète . C'est la question d'une conception de l'écologie
qui est ici po-sée; est-ce l'homme que l'on veut protéger ou
bien la nature ? On répondit d'ailleurs à Love-lock au cours
de ce colloque qu'une guerre nucléaire ne mettrait certainement pas
en cause l'existence de la vie sur la planète Terre mais qu'en revanche
l'humanité serait, elle, anéantie.
Mais les critiques sont nombreuses sur l'existence d'un
point d'équilibre dans notre écosystème, et même
dans n'importe quel écosystème, et pourtant « le lien
entre diversité et stabilité », comme le souligne Jean-Marc
Drouin , « est un argument qui a souvent été invo-qué
pour réclamer une politique de protection de l'environnement. »
La question de la con-ception holiste de notre écosystème est
nécessairement liée à l'idée d'équilibre
et donc d'évolution. Le débat est encore ouvert entre les deux
courants apparemment opposés: celui de Forbes et Darwin selon lequel
l'équilibre est atteint par la sélection naturelle, la
commu-nauté des intérêts évinçant les individus
les moins adaptés on peut également y rattacher la
pensée malthusienne ainsi que les analyses de Ricardo qui fait par
exemple du salaire réel le « principal régulateur de la
population et sa plus juste limite » , et celui du géographe
et na-turaliste russe Pierre Kropotkine qui lui, voit dans l'entraide
mutuelle le moyen d'accroître les chances de survie de l'espèce
ainsi que celui du penseur écologiste Ivan Illich qui prône
un système social convivial où l'homme contrôle l'outil.
La vision écologiste du monde en tant que l'écologisme a à
voir avec une étude des relations, est une vision holiste du monde
et intègre trois facteurs déterminant de notre évolution:
1/ le rapport des espèces entre elles (biocénose) 2/
l'environnement inerte (biotope) 3/ le rapport des espèces à
leur environnement - l'organisation interne des espèces constitue
également un facteur mais que l'on placera en aval des trois facteurs
que nous venons de voir. L'observation du monde sous une forme «
macroscopique », la conception holistique de ce monde lui conférant
une plus-value n'est plus une façon de décrire un
phénomène de manière « analytique », c'est
à dire selon la dé-marche cartésienne, par
décomposition de ses éléments constitutifs, mais dans
sa totalité et son environnement. Il y a cependant un point sur lequel
la démarche écologique et celle de Descartes se rapprochent.
C'est dans leur conception du « Monde »; la physique du philoso-phe
a ceci de révolutionnaire pour la Physique qu'il considère
le monde comme un espace clos animé d'une dynamique qu'il nomme «
grand tourbillon » et d'une mécanique qui fait que chaque
élément de matière étant en contact avec d'autres
modifie à sa mesure l'ordre du monde, son organisation; la similitude
avec l'analyse écologiste reste néanmoins limitée. Cette
conception, nous la rencontrons aujourd'hui dans la théorie dite de
« l'effet papillon » où le battement d'aile d'un papillon
en Asie provoque un ouragan en Floride, et que l'on doit au
météorologue Edward N. Lorenz .
Cette conception nous amène à une autre considération:
celle de notre capacité d'agir et des conséquences de notre
action. La thèse soutenue par nombre d'écologistes est, que
puisque jusqu'ici nous n'avons pas su maîtriser notre développement
économique et les effets externes qu'il a produit, nous devons à
présent, puisque nous sommes dans l'ignorance des effets à
moyen et long terme, stopper notre développement. C'est en quelque
sorte la thèse jonassienne exposée dans le Prinzip Verantwortung
[Le Principe Responsabilité] que l'on rencontre ici. Autrement dit,
et selon l'opposition bergsonienne entre mécanisme et dyna-misme,
la pensée écologiste tendrait à vouloir démontrer
qu'en « mécanisant » la nature, en la transformant en force
technologique l'homme aurait considérablement limité ses
capacités dynamiques (non son principe, la nature veut la vie). Mais
nous reviendrons plus précisément sur ce sujet plus loin.
Les politiques écologistes ont une approche de la société
de type « village » pourrait-on dire, au sens où les
phénomènes sont mesurés dans leurs effets et leur
interaction et non sim-plement en eux-mêmes. D'un point de vue plus
scientifique, l'écologie est, pour Howard Odum , une introduction
à une science générale des systèmes complexes
qui échangent de la matière, de l'énergie et de
l'information avec leur environnement. L'écologie, en tant que science,
dans l'approche de son objet offre des paradigmes d'analyse que l'on retrouve
dans la manière dont procèdent les analyses politiques
écologistes. Afin de mieux comprendre com-ment les politiques
écologistes se démarquent de la science écologique,
il nous faut à présent considérer comment la nature
constitue un paradigme pour ces politiques.
(Suite à venir)
Approche générale :
- Luc Ferry et Claudine Germé, Des Animaux et des Hommes, coll. Biblio
essais, LdP, 1994.
- Luc Ferry, Le Nouvel Ordre Écologique, Grasset, 1992.
- Marie-Angèle Hermitte, L'Homme, la Nature, le Droit, Bourgeois,
1988.
- Henry Salt, Les Droits des Animaux, Welther, Paris, 1914.
- Serge Moscovici, Essai sur l'Histoire Humaine de la Nature, coll. «
Champs », Flamma-rion, Paris, 1977.
Politiques écologistes :
- Pierre Alphandéry, Pierre Bitoun et Yves Dupont, L'Équivoque
Écologique, La Décou-verte, Paris, 1991.
- G. Béney, « La montée des géocrates. La
citoyenneté au risque de l'écologie globale », Ca-hiers
du GERMES, 13, 547-585, 1991.
- Pascal Boniface et Jean-François Gribinski, Les Écologistes
et la Défense, Paris, Institut des Relations Internationales et
Stratégiques, 1994.
- Dominique Bourg, Les Scénarios de l'Écologie, Paris, Hachette,
coll. Questions de société, 1996.
- Dominique Bourg (direction), La Nature en Politique ou l'Enjeu Philosophique
de l'Ecologie, Paris, l'Harmattan/Association Descartes, 1993.
- Michel Bousquet, Écologie et Politique, Écologie et
Liberté, 1991.
- Henry Chevallier, Éléments pour une Écologie Politique,
Riscle, Ende Doman.
- Daniel Cohn-Bendit et Cornélius Castoriadis, De l'Écologie
à l'Autonomie, Paris, Seuil, 1981.
- Catherine Decouan, La Dimension Écologique de l'Europe, Entente,
Paris, 1979.
- Jean Dorst, Avant que Nature ne meure : Pour une Ecologie Politique.
Neuchâtel-Paris, Delachaux et Niestlé, 1965.
- René Dumont, Les Raisons de la Colère ou l'Utopie et les
Verts, Paris, Entente, 1986.
- Max Falques, Écologie et Liberté, une autre approche de
l'environnement, Litec, Paris, 1992.
- Pierre Juquin, Pour une Alternative Verte en Europe, Paris, La
Découverte, 1990.
- Thomas Keller, Les Verts Allemands, un Conservatisme Alternatif, Paris,
L'Harmattan, 1993, 251 p.
- François Ost, La Nature hors la loi, La Découverte, 1995.
- Raymond Promier et Jacques Le Seigneur, Génération Verte
: Les Écologistes en Politi-que, Paris, Presses de la Renaissance,
1992.
- Guillaume Sainteny, L'écologisme en Allemagne et en France : deux
modes différents de construction d'un nouvel acteur politique, Barcelone,
Institut de Ciènces Polìtiques i so-cials, Working Papers n°
78, 1993, 21 p.
- Dominique Simonnet, L´Ecologisme, Puf, 1991, Que sais-je n° 1784.
Philosophie :
- Hannah Arendt, Condition de l'Homme Moderne, Pocket.
- Hannah Arendt, La Crise de la Culture, Folio Essais.
- Aristote, Histoire des animaux
- Henri Bergson, Essai sur les Données Immédiates de la Conscience,
Puf, coll. « Quadriges », 1993.
- René Descartes, Le Discours de la Méthode, Folio, 1993.
- M. Gauchet, Le Désenchantement du Monde, Gallimard, 1985.
- Félix Guattari, Les Trois Écologies, Galilée, 1989.
- François Guéry et Alain Roger, Maîtres et Protecteurs
de la Nature, Champ Vallon, 1991.
- Michel Haar, Le Chant de la Terre, Heidegger et les assises de l'histoire
de l'État, Herne, 1987.
- Martin Heidegger, « Contribution à la Question de l'Être
», in Questions I, Gallimard, 1982.
- Martin Heidegger, « La question de la technique », in Essais
et Conférences, Gallimard, 1973.
- David Hume, Enquête sur les Principes de la Morale, pp. 45-46,
Aubier-Montaigne, Paris, 1946.
- David Hume, Enquête sur l'Entendement Humain, Garnier-Flammarion,
1983.
- Hans Jonas, The Phenomenon of Life : Toward a Philosophical Biology, New
York, Har-per & Raw, 1966.
- Hans Jonas, Das Prinzip Verantwortung, Insel Verlag, Frankfurt a. M., 1979.
trad. fr. Le Principe ResponsabilitÈ, Cerf, coll. « Passages
», 1990.
- Emmanuel Kant, Critique de la Raison Pure, Puf, coll. « Quadriges
», 1990.
- Emmanuel Kant, Critique de le Faculté de Juger, Folio, coll. Essais,
Paris, 1995.
- Emmanuel Kant, Opuscules sur l'Histoire, Garnier Flammarion, Paris, 1990.
- Lénine, Oeuvres, 1895 - 1916, tome 38, Cahiers philosophiques, Paris,
Editions Sociales, 1971.
- Lucrèce, De Rerum Natura, trad. José Kany-Turpin, Aubier,
coll. « Bibliothèque philoso-phique bilingue », Paris, 1993.
- Dominique Méda, Le Travail. Une valeur en voie de disparition, Paris,
Aubier, coll. « Alto », 1995.
- Michel Serres, Le Contrat Naturel, Flammarion, , coll. « Champs »,
Paris, 1990.
Histoire de l'écologie :
- P. Acot, Histoire de l'Écologie, Paris, Puf, 1988.
- J-P Deléage, Histoire de l'Ecologie, une science de l'homme et de
la nature, Paris, La Dé-couverte, 1991, 330 p. Jean-Marc Drouin,
Réinventer la Nature , l'Ecologie et son His-toire, préface
de Michel Serres, Paris, Desclée de Brouwer, 1991, 208 p.
- Jean-Marc Drouin, Réinventer la Nature , l'Ecologie et son Histoire,
préface de Michel Serres, Paris, Desclée de Brouwer, 1991,
208 p. rééd. L'écologie et son histoire, Paris, Flammarion,
Champs, 1993.
Sociologie et politologie:
- Jean Jacob, Les Sources de l'Ecologie Politique, Arléa-Corlet, coll.
« Panoramiques », 1995.
- D. Landes, Prométhée Libéré, la Civilisation
Technicienne en Europe, Gallimard.
- L. Mumford, Technique et Civilisation, Seuil.
- Jean-Pierre Séris, La Technique, coll. Les grandes questions de
la philosophie, Paris, PUF, 1994.
- Jérôme Vialatte, Les Partis Verts en Europe Occidentale, éd.
Economica, coll. « Politique comparée », 1996.
- Max Weber, L'Ethique Protestante et l'Esprit du Capitalisme, éd.
Pocket, coll. « Agora », 1996.
- Max Weber, Économie et Société, Pocket, coll. Agora,
2 vol., 1995.
Economie :
- Franck-Dominique Vivien, Economie et Ecologie, La Découverte, coll.
« Repères », 1994.
- J-P Barde, Économie et politique de l'environnement, Puf, Paris,
1992.
- Sylvie Faucheux, Jean-François Noël, Economie des Ressources
Naturelles et de l'Environnement, coll. « U », série Economie,
Armand Colin, Paris, 1995.
Philosophie politique :
- Wolfgang Herle, Der Beziehungswandel zwischen Mensh und Natur in Spiegel
der Deutsch, (Les Mutations des Relations entre l'Homme et la Nature dans
le Reflet de l'Allemagne), H-D Heinz, Stuttgart, 1982.
- John Stuart-Mill, Principes d'Économie Politique.
- John Stuart-Mill, L'Utilitarisme, Champs Flammarion, 1988.
- Jean-Jacques Rousseau, Du Contrat Social, Paris, Garnier-Flammarion, 1992.
- Jean-Jacques Rousseau, Essai sur l'Origine de l'Inégalité
parmi les Hommes, Paris, Gar-nier- Flammarion, 1992.
Courant de la « Deep Ecology »:
- R. Bradley et S. Duguid, Environmental Ethics, vol II, Simon Fraser University,
1989.
- I. Illich, Energie et Equité, Paris, Ed. du Seuil, 1973.
- I. Illich, La Convivialité, Paris, Ed. du Seuil, 1973.
- Aldo Leopold, A Sound County Almanac, 1949, trad. française Almanach
d'un Comté des Sables, Paris, Aubier, 1995.
- Mary Midgley, Robinson Crusoé.
- Arn Naess, Ecology, Community and Lifestyle, Cambridge University Press,
1989.
- G. Sessions, Deep Ecology for the Twenty-First Century, Boston et Londres,
Shambhala, 1995.
Également de nombreux articles. (v. plus loin)
Analyse écologique :
- J. Batou, « Révolution russe et écologie (1917 - 1934)
», Vingtième siècle, 35, 16-28, 1992.
- André Siegfried, Tableau Politique de le France de l'Ouest (1913),
Stalkine, Genève, 1980.
Revues :
- Autre Temps, Cahiers d'Éthique Sociale et Politique, Mai 1996.
- Le Débat, n° 60, Août 1990.
- Autogestion Alternative, hebdomadaire du PSU, novembre 1986.
Articles de périodiques :
- « La réponse à Hans Jonas » A. Dumas, Esprit 42,
1979. n° 438/9.
- « Do Rocks have Rights » Roberick Nash, Center Magazine, 10,
1977
- « Toward a Heideggerian Ethos for Radical Environmentalism. »,
Michael E. Zimmerman, Environmental ethics, vol. 5, été 1983.
- « The Ethics of Respect for Nature » Paul W. Taylor, Environmental
ethics, vol 3, 1981.
- « The Rights of Nature. A History of Environmental Ethics » Roderick
Nash, The Univer-sity of Wisconsin Press, 1989.
- « De l'animal comme être philosophique », Krzystof Ponian,
Le Débat, n° 27, novembre 1983.
- « The stallow and the deep, long range écology movement. A
summary », Arne Naess, Philosophical Inquiry, vol. XVI, 1973.
- « The deep ecological movement : some philosophical aspects »,
Arne Naess, Philosophi-cal Inquiry, vol. VIII, 1986.
- « The deep ecology movement : a review », George Sessions,
Environnemental Review, n° 9, 1987.
- « La nature comme sujet de droit ? Réflexions sur deux approches
du problème », Luc Bé-jin, Dialogue, XXX, 1991.
- « Spinoza and Jeffers on man in nature », George Sessions, Inquiry,
XX, 1977.
- « Des crimes contre l'environnement », Commission de réforme
des lois (fondée au Cana-da en 1971), Working Paper, n° 44, 1985.
- « De la gnose au principe responsabilité : un entretien avec
Hans Jonas », Esprit, mai 1991, p. 15.
- « Schould trees have standing ? Toward legal rights for natural objects.
», Christopher D. Stone, Southern California Law Review, 1972.
- « L'écologie, ce matérialisme historique », Actuel
Marx, 12, 7-112, 1993.
- « Aux origines des Verts en RFA », Roland Crates, Allemagne
d'aujourd'hui, n° 115, 65-82, 1991.
S'y ajoutent un certain nombre de commentaires politiques et d'essais
sur les rapports entre politique et environnement parus dans la revue Esprit
depuis 1991 .
Législations, Textes officiels et Commissions:
- Rapport d'Information sur les Projets Communautaires Relatifs à
la Prévention de l'Environnement et à la Réparation
des Dommages à l'Environnement, déposé par la
délé-gation de l'Assemblée Nationale pour l'Union
Européenne, 1994-1995.
- Rapport des Nations-Unies sur la Conférence de Rio de 1992, source
Internet (http ://www.greenpeace.org/~intlaw/rio1.html).
- Notre Avenir à tous. La Commission mondiale sur l'Environnement
et le Développement, Montréal, éditions du Fleuve, 1988.
- Dr Giese et Dr Kahler Das Deutsche Tierschutzrecht, Berlin, Dunker et Humblot,
1939.
- Loi du 1er Juillet 1935 sur l'écologie, Allemagne, (
Reichsnaturschutzgesetz )
- Loi sur la protection de la nature du 26 juin 1935, Journal Officiel du
Reich, n°1, p. 821.
- Déclaration Universelle des Droits de l'Animal, UNESCO,1978.
- Fédération Européenne des Partis Verts, The Guiding
of the principles of the European federation of Green Parties, source Internet
(WWW) au 11/02/1997.
Sur le nazisme :
- Roger A. Pois, La Religion de la Nature et le National-Socialisme, Cerf,
1993.
- Walter Schoenichen, Naturschutz im Dritten Reich, (La Protection de la
Nature sous le Troisième Reich),1934.
- Walter Schoenichen, Naturschutz als Völkische und Internationale
Kulturaufgabe, (La Protection de la Nature comme Devoir Culturel International
et Populaire ) , Iéna, 1942.
Thèses :
- Raisons et Significations de l'émergence de l'écologie
Politique en France à la Fin des Années 1980, Agnès
Roche, 1992.
- Le Rapport entre l'Ecologie et les Sciences Humaines, Daniel Pantobe,
1974.
Sur L'écologie allemande :
- Nullmeier F. ; Rubert F ; Schultz H. , Umweltbenegungen und Parteiensystem
: Frankreich - Schweden - Berlin, Quorum, 1983.
- Die Grüne Alternative, Das Grüne Investitionsprogramm, (Programme
d'investiture des Grünen), Vienne, 1991, 36 p.
- Bündnis 90 / Die Grünen, Kreistagswahlprogramm für 1994
- 1999, source Internet (WWW) au 04/02/1997.
- Joachim Raschke, Die Grünen : wie sie Wurden was sie Sind, Köln,
Bund Verlag, 1993.
- Jutta Ditfurth, Entspannt in die Barbarei - Esoterik, (Öko-)Faschismus
und Biozentrismus, Hamburg, Konkret Literatur Verlag, 1996.
- Andreas Brenner, Ökologie-Ethik, Leipzig, Reclam Verlag, «
Reclam-Bibliothek », 1996.
- Klaus-Georg Wey, Umweltpolitik in Deutschland - Kurze Geschichte des
Umweltschutzes in Deutschland seit 1900, Opladen, Westdeutscher Verlag, 1982.
Sites Internet
Organisations politiques :
Green Party
http://www.rahul.net/greens/
BÜNDNIS '90/DIE GRÜNEN - The German Green Party
http://www.hrz.uni-oldenburg.de/~oliver/bg/e.bgindex.html
Bundestagsfraktion Bündnis 90/Die Grünen - Inhalt
http://www.gruenebt.de/index2.htm
Les Verts
http://www.verts.imaginet.fr/repub.html
Grénération Ecologie
http://www.ecologie.org/Legislatives
97/
Organisations non gouvernementales :
- Adresses des Associations de Défense et de Promotion de l'Environnement
http://www.greenpeace.org/"Greenpeace
International
Campus Ecology
http://www.nwf.org/nwf/campus/
Adresse utiles et autres liens
http://www.envirolink.org/EnviroLink_Library/organizations.html
Christian Environmental Association
http://www.targetearth.org
Lesbian Natural Resources
http://www.netins.net/showcase/kaytsine/lnr.htm
Organisations scientifiques :
Center for International Environmental Law
http://www.econet.apc.org/ciel
Environmental Information Center
http://www.igc.apc.org/eic/
Environmental Resources Information Network
http://www.erin.gov.au/erin.html
Environmental Working Group
http://www.ewg.org
European Centre for Nature Conservation
http://www.ecnc.nl
Global Response
http://www.globalresponse.org
Institut für Ökologie und Aktions-Ethnologie
http://www.koeln-online.de/infoe/index.html
Union for Sustainable Development
http://www.mlink.net/~udd_usd/index.html
Youth and Environment Europe (YEE)
http://www.netg.se/Oppen/Org/y/yee/yee.htm
Les conséquences de la disparition des forêts tropicales
http ://www. geocities.com/~combusem
Sommet de Rio 1992
http ://www.ecouncil.ac.cr/
Ecotopia, l'avenir de notre planète
http ://www.ecotopia.org/
Information permanente sur l'écologie
http ://www.gold.net/ecosystem/